Seul interlocuteur de ses clients, Volma a
tout intégré sur son site d'Harnes. Ou presque. Résultat : aujourd'hui
bien installé sur le marché des panneaux de porte, son outil de production lui
permet de répondre à toutes les demandes.
« Nous pouvons tout faire, en usinage, en
décors, et même en vitrages, c'est notre force », martèle Guy Serrure,
président de Volma, concepteur-fabricant de panneaux de portes multi-matériaux.
Son secret : avoir joué la carte de l'intégration au maximum.
Heureusement, car il a su ainsi répondre à sa clientèle, « à 85%
concernée par le marché de la rénovation puisqu'elle nous demande de couper à
dimension ». D'où une croissance maintenue à 10% en 2009, et sûrement
identique en 2010, après avoir surfé depuis sa création sur le 15 à 20%. Sa
devise : ne jamais dire non. « C'est notre force et notre problème ».
Pour autant, Volma développe cette image là. Celle d'une société qui offre
« une grande proximité, et une grande souplesse que le client apprécie,
ainsi qu'une parfaite maîtrise de ses délais, grâce à une flotte logistique
intégrée ».
Et c'est avec cette ligne directrice que Guy
Serrure est passé de la commercialisation de joints et de mastics à la
fabrication de panneaux de porte sur-mesure. Avec dans la main, la clé du
succès depuis 1991, date à laquelle il créée Volma. Là, il constate que le
marché des panneaux de porte est peu développé dans l'Hexagone. Alors il décide
de les importer d'Angleterre. « Pendant huit ans, nous avons connu un
bon développement, grâce à de bons prix et une gamme de produits qui pouvait se
commercialiser en France ». C'était les premiers pas du PVC. Le
chiffre d'affaires grimpe en flèche. Alors pourquoi ne pas se lancer
logiquement dans sa propre fabrication ? Chose faite dès 2000. « Mais
au bout de trois ans, nous avions triplé de volume, nous avons donc déménagé à
La Bassée (62) ». Aux mêmes causes, les mêmes effets, trois ans plus
tard, il faut encore changer de site pour celui actuel d'Harnes, « nous
y avons multiplié par quatre notre surface d'activité qui est aujourd'hui de
16 000 m2 pour 180 collaborateurs, et un chiffre d'affaires de
18 M€ ». Désormais Volma produit 60 000 panneaux par an, et a
ajouté au PVC, l'aluminium en 2006, puis le verre. Rien que du fait maison....
Vitrages haute-couture
Le site d'Harnes a aussi permis à Guy Serrure
de ne pas déroger à sa règle de l'intégration maximum. Quand le fabricant de
panneaux "made in France"
investit l'ancien site de Johnson Controls, c'est aussi « parce que
nous nous sommes rapidement heurtés au problème du vitrage. Nous n'avons jamais
été correctement livrés car nous étions trop petits ». Qu'à cela ne
tienne. Harnes s'enrichit pour ses portes en verre et ses vitrages décoratifs
d'une fabrication de haute couture. Dans cet espace, les petites mains
s'affairent en groupe ou parfois seules. Et la délicatesse du décor se retrouve
parfois entre les mains d'hommes, mais le plus souvent confiée aux femmes. Deux
lignes de découpe automatisées ont été installées, une pour le verre simple et
une autre pour le verre feuilleté. Un centre d'usinage s'occupe des formes
courbes. Une fois le verre découpé, et en fonction de la commande, les
opérateurs viennent chercher leur vitrage. Derrière le dédale de plaques de verre,
chaque équipe est organisée selon ses travaux, et toutes les techniques de
décoration sont représentées. Pour un aspect vitrail, le plomb est appliqué en
suivant un gabarit puis soudé à chaque intersection. Les verres peuvent être
également sablés ou, décorés via le fusing.
« La fabrication décorative est manuelle, et les verres sont ensuite
assemblés pour obtenir du double vitrage », précise Guy Serrure. Afin
d'obtenir des motifs en reliefs, Volma s'est aussi lancée dans la technique des
verres Diamant. La résine est injectée entre un verre trempé et un moule, un
procédé résistant, qui en plus arrête 99% des UV. Pour des finitions très
modernes, les vitrages sont alors mis en couleur par le procédé de Résicolor.
Les pièces sont décorées à la main, dans une salle blanche, digne de n'importe
quel laboratoire high-tech, « afin d'éviter que la poussière ne
viennent se déposer dans la résine ». Un vrai travail de précision...
L'atelier comprend aussi la fabrication des petits bois.
De l'ouvrant masqué au monobloc
Côté panneaux, il y a la dernière née de la
fougue de Guy Serrure : une ligne de fabrication pour l'assemblage des
panneaux PVC et aluminium. Un nouvel équipement d'un million d'euros acheté
l'année dernière, quand, crise oblige, peu de personnes pensaient à
l'investissement. Entièrement automatisée, cette machine permet aussi à Volma
d'ajouter une autre corde à son arc : le plaxage pour ses panneaux
aluminium dans toutes les références ou coloris existants chez les fabricants
de film. Ainsi outillé, Volma ne s'est pas privée pour proposer plusieurs
nouveautés en 2009, dont certaines ont été particulièrement remarquées à
Batimat. Comme sa gamme de panneaux aluminium à moulures rapportées, ses
panneaux en verre pour portes intérieures, extérieures, et en version
coulissant, en applique ou à galandage. Ont aussi fait leur apparition 54
nouveaux modèles Contemporains en PVC et en aluminium, ainsi qu'une nouvelle
gamme Classique en PVC. Autre produit également remarqué lors du dernier salon
de la construction ; le panneau aluminium pour porte à ouvrant masqué. Le
principe : l'ouvrant est recouvert avec la face extérieure du panneau en
aluminium. D'une épaisseur de 45 à 50 mm, ce dernier offre une très bonne
isolation. S'il n'est pas question de décliner cette solution à ouvrant masqué
en gamme, le but est d'informer les clients, « que nous savons le
faire. Soit ils réalisent eux-mêmes l'assemblage, soit ils nous le
sous-traitent », poursuit Guy Serrure. C'est une solution
intermédiaire aux panneaux monoblocs, depuis longtemps dans les cartons du
fabricant, mais qui n'est toutefois pas en reste côté nouveautés.
Volma s'est par ailleurs efforcée, sur ce
début d'année 2010, d'améliorer l'isolation thermique de ses panneaux en jouant
sur la composition de ces derniers (épaisseurs, matériaux des structures, choix
du vitrage...), en fonction des besoins clients. Elle peut ainsi répondre aux
nouvelles exigences thermiques en vigueur (coefficient thermique du Panneau Up
permettant d'atteindre un coefficient thermique porte Ud inférieur ou égal à
1,8W/m2.K) et proposer à sa clientèle un atout majeur, l'obtention,
pour le client final, d'un crédit d'impôts d'un taux de 15 %.Au-delà de cette offre, Volma propose, en
complément de gamme, des marquises au design minimaliste dans sa
collection Contemporaine. Au choix, plusieurs types de bras en acier laqué ou
galvanisé et une protection en polycarbonate. « Nous développons
d'autres produits comme, par exemple, des produits d'habillage de fenêtre en
rénovation ». Et devrait renouer avec ses premières amours, en
proposant bientôt sa propre gamme de joints et mastics.
Crédits photos VMA/S.L.-H
PhotoOuvertureVolmaFrance.jpg
Photo1VolmaFrance.JPG
De g. à d. : Christelle Le Goff,
responsable marketing et communication, Guy Serrure, président de Volma, Franck
Serrure, directeur général adjoint et directeur des ventes, Laetita Wantiez,
directrice générale adjointe et directrice administrative et financière
Photo3VolmaFrance.jpg
Volma a intégré toutes les techniques de
fabrication du vitrage : ici, celle du plomb
Photo2VolmaFrance.jpg
L'année dernière, le process d'assemblage des
panneaux de porte a été totalement automatisé avec cette ligne de fabrication,
qui comprend la fonction plaxage
Photo 8 Volma France.JPG
Réalisation de l'étanchéité... En attendant de
la faire avec des joints et mastics fabriqués à Harnes
Crédit photo : Volma
DSC_0003.JPG ou DSC_0007.JPG
De nombreuses nouveautés pour Volma en 2009,
particulièrement remarquées à Batimat ; gamme de panneaux aluminium à
moulures rapportées, panneaux en verre pour portes intérieures,
extérieures ; panneau aluminium pour porte à ouvrant masqué...