En 1992,
la SARL Créal et le 1er site de fabrication de menuiseries aluminium,
voient le jour près de Nice. C'est sur cette même zone située le long du Var, à
Carros, que le groupe a conservé son siège social, le bureau d'études des
projets lourds ou complexes, le stockage central (qui dessert les autres unités
du groupe), ainsi que Color Azur, l'unité automatisée de laquage sur aluminium créée en 2000.
Processus délicat, le laquage des barres aluminium s'effectue
horizontalement chez Créal. « La taille
moyenne de nos commandes est de 3 fenêtres, l'objectif de notre chaîne est de
pouvoir changer de couleur très rapidement. Le laquage vertical est plus indiqué
pour des grandes séries ; nous avons donc opté pour la technique des
barres à l'horizontal, grâce à laquelle il est possible de traiter beaucoup de couleurs
en une journée. Nous laquons pour nos produits essentiellement, et pour quelques
industriels, mais uniquement sur le procédé Naturall (abris de piscine,
portails, etc.). De plus, nous rencontrons une autre problématique ; nous
faisons plus de 50 % de couleurs, l'an dernier, notamment, nous avons eu 200
couleurs différentes... Tout ceci entraîne une répercussion sur le coût, car les
chutes ne peuvent être récupérées »,
indique Dominique Boissier, directeur marketing. Cependant, même si la gestion
de la chute, des poudres et la gestion des quantités sont répercutées sur le
prix final, les menuiseries laquées du fabricant ont une plus-value
minorée ; « nous avons toute une palette de prix, avec des
couleurs qui ont une plus-value de 0 % par rapport au blanc, d'autres + 8 % et
d'autres + 25 %. Il y a des poudres plus chères que d'autres, et des poudres qui
amènent un risque de ratage plus important que les autres... Pour optimiser ces
processus, il faut une unité souple. Employant une quinzaine de personnes,
l'atelier de laquageest une petite chaîne qui voit passer beaucoup
de couleurs », résume le directeur marketing.
Le laquage requiert des
dosages particuliers, un procédé qui conserve une intervention humaine ;
c'est la main de l'homme qui réparti la poudre et fait en sorte que pas une barre
ne ressemblera à une autre. Dans la gamme, le décor bois est un procédé poudre
sur poudre, la 2ème couche fait ressortir les veines du bois en
jouant sur l'essence du bois et sur la teinte, avec effet lazure ou pas, selon
les goûts... Il utilise
exclusivement des poudres polyester Qualidéco.
Le fabricant vient de sortir un nouveau nuancier, une nouvelle gamme de
5 laquages haut de gamme ; « nous voulons en effet donner une
nouvelle dimension à la gamme et ajouter des effets de matière : minéral,
rouille, pierre précieuse, pépite et métal... orientés sur le marché du
tertiaire. Pour l'effet "or", très demandé dans la région, nous avons
trouvé une poudre écologique, qui nous permet de copier les effets anodisés
"or", sans recourir à l'exigeant traitement de surface pour préparer
le matériau ni au traditionnel procédé d'anodisation .Plus la poudre est technique, plus elle est difficile à manier, plus le
risque de rater augmente et plus on en consomme », explique Dominique Boissier. Ces effets de mode sont là pour
répondre à des demandes architecturales modernes et tendance.
Pour optimiser le
processus de laquage et limiter les surcoûts tout en améliorant les économies
d'énergie, des solutions sont utilisées dans les bains précédant le laquage et
dans les poudres. La qualité et la tenue du laquage commencent avec la
préparation des profilés aluminium, traités dans trois bains successifs. Ce
processus et la qualité du laquage lui-même, valent aux laquages unis de bénéficier
des labels de qualité Qualimarine et Qualicoat. Le premier bain contient un
liquide alcalin à base de soude et de solution tensio-active ; il permet
de dégraisser les profilés en vue des opérations ultérieures. A ce premier
stade, la solution utilisée est épurée en continu. Débarrassée de ses impuretés,
elle est régénérée grâce à l'ajout de solution neuve en faible quantité. La
composition originale du bain est ainsi maintenue en permanence, évitant le renouvellement
complet de la cuve. Le deuxième bain est un mélange d'acide fluorhydrique et
d'acide nitrique, qui débarrasse les profilés de toute trace d'oxydation. Le
même principe est appliqué à la gestion du troisième bain, destiné à éliminer le
risque de corrosion sur les profilés aluminium. La solution utilisée est non
chromique depuis 2005. Pour limiter la consommation et les rejets, Créal a mis
en place une station d'épuration intégrée, qui récupère et traite.
Le processus
de pulvérisation des poudres de couleur sur les barres aluminium fait aussi
l'objet d'une optimisation permanente visant à réduire la consommation de
poudres électrostatiques. Les fours de laquage sur aluminium, chauffés au gaz,
portent les barres aluminium revêtues de poudre à la température nécessaire
pour obtenir un laquage régulier sur toute la surface exposée. Au cours de la
pulvérisation, l'excédent de poudre non capté par les profilés est récupéré par
aspiration, mélangé avec une poudre neuve, et l'ensemble réinjecté dans le
processus. Après plusieurs cycles de pulvérisation sur un même jeu de barres,
seules les "fines de poudre", c'est-à-dire les poussières dont la
charge électrostatique interdit une fixation convenable sur l'aluminium, seront
récupérées, conditionnées, puis cédées à Véolia Environnement. « Dix
tonnes de rejets ont ainsi été traités en 2007, pour une consommation globale
de 90 tonnes de poudre.Soit 11 % de perte : 2 fois moins qu'en 2003, grâce
aux progrès conjugués de Color Azur et de ses fournisseurs de poudre, attentifs
à améliorer leur processus de fabrication et d'application pour continuer à
réduire le taux de perte », précise la direction.
L'essor de Créal est le fruit d'une grande diversité, d'une politique de
proximité (duplication d'unités de production, de plates-formes logistiques),
et d'une gestion centralisée des matières et des flux. Le groupe s'est engagé dans une stratégie de développement durable qui
concerne l'ensemble de ses activités industrielles.