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A l’heure
du Grenelle de l’environnement, le traitement des eaux de l’industrie verrière
est plus que d’actualité. Elément incontournable d’une unité de façonnage ou
d’usinage, les systèmes de recyclage de l’eau utilisent différents procédés.
Selon
l’article 4.1. de l'arrêté du 14 mai 1993 modifié en 1996 concernant
l’industrie du verre, « l’exploitant doit prendre toutes les dispositions
nécessaires dans la conception et l’exploitation des installations pour limiter
la consommation d’eau ; notamment les eaux de refroidissement doivent être
intégralement recyclées, sauf autorisation explicite de l’arrêté préfectoral et
dans le cas d’une installation existante seulement ». L’industrie du verre
est une activité fortement consommatrice d’eau, utilisée au sein du process et
au cours du refroidissement. Elle est aussi particulièrement génératrice
d’effluents spécifiques au processus de fabrication lors des phases de
façonnage et de transformation du verre plat. Face à des contraintes réglementaires,
économiques et écologiques de plus en plus lourdes, les industriels du secteur
sont amenés à chercher des axes de progrès sur leur cycle de l’eau.
Un
traitement spécifique
L’eau issue du découpage, du façonnage et de l’usinage du
verre nécessite un traitement de clarification. « Les particules dans
l’eau sont difficiles à décanter, et donc il est difficile de la purifier »,
explique le fabricant de machines de traitement de l’eau Matec. En effet, les
problématiques de traitement des eaux de la miroiterie sont que les effluents
contiennent des particules très abrasives et des produits chimiques telles que les
résines, abrasives, colles… Les fabricants ont résolu ces problèmes en utilisant
des materiaux spécifiques pour leurs machines. « Par exemple, les pompes
utilisent du caoutchouc anti-abrasif. Il est destiné à protéger la pompe des
particules abrasives que l’on trouve dans le lisier.L’utilisation d’un filtre
spécial permet également de libérer de la boue même particulièrement collante »,
explique Matec.
Des avantages
Si le recyclage et le traitement des eaux ont un
coût, ils ont aussi de multiples avantages. En effet, l’objectif du traitement
de l’eau est d’obtenir une eau le plus claire possible, certains systèmes
donnent une eau de refroidissement propre jusqu’à 98 %. De ce fait, le nettoyage
intensif du système de circulation d’eau de la machine est fortement réduit. Le
traitement entraîne aussi une moindre consommation d’eau. En outre, les outils
ont une durée de vie plus longue et les pièces tournantes ont une usure
moindre. Par exemple, le fabricant Vitrosep annonce pour son procédé de
traitement des eaux de façonnage une augmentation de la longévité des meules
jusqu’à 45 %. « En plus d’un meilleur rendement des outils diamantés, la
qualité de façonnage est améliorée », explique Bohle.Autre
avantage ; « le traitement des eaux permet une baisse importante du
nombre de pannes des machines créées par la présence des boues de silice
formant un béton », souligne Vitrosep.
Un procédé physico-chimique
Aujourd’hui,
différents procédés de traitement de l’eau sont commercialisés. Selon les cas de
figure, les équipements et systèmes automatiques pour le traitement de l’eau de
refroidissement, de façonnage ou d’usinage utilisent des procédés de centrifugation,
décantation, floculation... Pour les structures à grands débits, le principe de
floculation est conseillé. Ce procédé est dit physico-chimique. Il a pour effet
de précipiter les matières polluantes. Les machines se basent sur le principe de
la décantation statique et de la précipitation naturelle des solides suspendus. Le
temps de clarification est accéléré grâce au calcul précis des dimensions des
silos, au cône de poussée, à une colonne d’eau qui appuie sur les boues et à
l’utilisation d’un polyélectrolyte (floculant) adapté. « Ce sont des
gros silos où l’eau est injectée puis elle remonte par les côtés. Cette
technologie est basée sur le principe de la sédimentation ce qui est un process
naturel des fluides, dépendant des différents poids spécifiques. Les particules
lourdes tombent en bas, les particules légères flottent », précise
Jean-Marc Auger, directeur commercial de Bohle. En outre, le floculant composé
de réactifs à base de minéraux (sels de fer, d’aluminium, de chaux) va
agglomérer les matières en suspension issues de l’usinage ou du façonnage. « En
fait, on accélère la séparation des particules de verre de l’eau grâce à la
floculation qui va lier entre eux les résidus de verre. Il se forme alors un
précipité que l’on va récupérer, après décantation, sous forme de boues »,
indique Jean-Marc Auger. La quantité des résidus contenus dans l’eau à traiter
varie en permanence en fonction des dimensions des pièces à meuler. Il est
indispensable d’adapter la dose de floculant en conséquence pour éviter que le
coût du dosage ne soit élevé : trop peu n’a pas d’effet, trop se décante
dans les canalisations. Le fabricant Bohle propose les systèmes Sedimentor. Ils
travaillent en 2 temps.« Pendant les pauses de travail, on procède à
une décantation des particules fines. Pendant un cycle automatisé et avec
l’aide d’un floculant, le système lie même les particules de verre les plus
petites et produit ainsi de l’eau pratiquement claire », explique
Jean-Marc Auger. En outre, ce système permet une utilisation décentralisée pour
une ou plusieurs machines.
Un principe mécanique
Autre technique de traitement de
l’eau : le procédé par "centrifugeage". Il repose sur la
séparation des résidus de verre de l’eau par force centrifuge. « Ce sont
des grosses essoreuses qui peuvent atteindre jusqu’à 800 jets »,
explique Jean-Marc Auger. Après l’opération de traitement, la centrifugeuse
produit une masse asséchée. Les centrifugeuses s’adressent le plus souvent aux
miroitiers qui ont des surfaces de travail réduites et des petites productions. Pour
traiter l’eau de refroidissement, Bohle commercialise des centrifugeuses
automatiques qui fonctionnent sans produit de filtration. « Elles ne
nécessitent pas d’additifs chimiques pour le traitement des eaux, contrairement
à la floculation.C’est une évacuation entièrement mécanique des déchets »,
souligne le fabricant. Avec un débit de 80 ou 90 litres par minute, ces
centrifugeuses conviennent particulièrement au nettoyage de l’eau de
refroidissement de petites machines de façonnage.
S.D.
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