Qui des techniques de collage, de soudure
ou de couture remportera la bataille ? À ce jour, nul ne peut le prédire,
mais dans le monde de l’assemblage des toiles de store, les trois méthodes sont
mises à l’épreuve.
Traditionnellement, la méthode utilisée pour assembler les
toiles en acrylique dédiées aux stores est la couture. Le débat entre plusieurs
méthodes d’assemblage semble lancé. Il ne date pas d’hier, mais jusqu’à présent,
les machines permettant le collage étaient peu performantes. « Depuis quelques années, les fabricants ont
mis au point des machines fiables et presque aussi rapides que les automates,
les pionniers en la matière sont les Italiens, qui ont été rapidement suivis
par les Allemands » constate David Corfmat, directeur commercial de
Dickson-Constant. En France, aujourd’hui des confectionneurs s’équipent.
La
guerre des prix
Dans la profession, la question soulève plusieurs thématiques. La
couture semble sur la sellette ; les critiques fusent. Exemple : le
fait de coudre deux bannes créé obligatoirement une surépaisseur, puisque les
deux tissus se chevauchent. Résultats, des frisures apparaissent sur les zones
de friction de la couture et de l’ourlet lors de l’enroulement. A contrario, la
colle permet de diminuer l’épaisseur de l’assemblage et donc de la toile. C’est
le cas avec la soudure par ultrason (voir encadré) qui permet de chauffer le
plastique et de l’écraser, mais quid de la technique avec apport ? Celle-ci
met en œuvre une bande autocollante appliquée sur les lés. Ses propres apports
chimiques risquent de la dégrader dans le temps. Pour les uns, la méthode du
collage permet aussi de gagner en esthétique, car la jonction devient
invisible.Bernard Marsaux, directeur général de Latim, se déclare favorable au
collage parce qu’il permet « une
jonction des lés à 100 % ». Mais pour d’autres, la couture est
justement un atout. Les surpiqûres présentent en effet l’opportunité de jouer
avec les couleurs et de donner à la toile un style et un relief particulier. Bernard
Marsaux avance un autre argument : « la
couleur des fils en polyester s’estompe avec le temps ; la couture, au
départ invisible, devient visible et blanchie, ce qui n’est pas joli sur une
toile foncée ». La colle garantirait une parfaite imperméabilité aux
toiles, un avantage particulièrement recherché par les utilisations des stores
aux terrasses des cafés et des restaurants. La couture, elle, la mettrait en
péril, car l’aiguille perce la toile. « Un
faux problème », selon
Bernard Marsaux, « puisque l’eau
s’infiltre par le centre et vient se loger en partie basse alors que
l’assemblage s’opère en haut de la toile ». D’ailleurs certains fils
sont plus efficaces que d’autres pour contourner le problème.
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La soudure par ultrason, l'avenir ?
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Alors que le collage met en œuvre une bande autocollante chauffée, la soudure par ultrason élimine la diffusion d'air chaud. Le directeur des Ateliers de Bâchage du Centr (ABC), Daniel Matussière, n'en démord pas, "la meilleure solution, la plus étanche et celle qui génère le moins d'épaisseur à l'enroulement est bien la soudure par ultrason". Le directeur d'ABC confie avoir réalisé un investissement d'environ 100 00 € pour s'équiper d'une machine à ultrason." La mise en œuvre du matériel a demandé du temps, notamment pour maîtriser la programmation de la machine. Mais la solution lui donne satisfaction. Elle n'entraîne aucune altération de la toile.
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D’autres se
montrent prudents. Ainsi, Christophe Taillander, chef de produit chez Soliso
affirme : « les toiles sont
exposées aux intempéries. Or, nous n’avons pas suffisamment de recul pour valider
la technique du collage. Nous avons commencé des tests, mais il faut au moins
trois ans pour vérifier la bonne tenue du système dans le temps ». Plus
avancée, l’opinion de David Corfmat se base sur les essais éprouvés :
« les tests de traction sont bons,
finalement il n’y a pas une méthode meilleure que l’autre et je pense que l’on
peut raisonnablement estimer que d’ici trois à cinq ans, le collage et la
soudure représenteront 30 % du marché, mais guère plus ». Autre atout
pour la méthode traditionnelle : son prix. La couture coûte bien moins cher
que les autres techniques. Enfin, explique encore Bernard Marsaux, « les machines automatiques utilisées en
couture gèrent à la fois la coupe des lés et l’assemblage du tissu, une seule
opération suffit, ce qui n’est pas encore le cas des machines à coller ». La
couture aurait donc encore de beaux jours devant elle. Les jeux sont-ils
faits ?
V.M.
Crédits photos : Dickson-Constant
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