PVC, aluminium : performances thermiques, la course à l’innovation
Le PVC est intrinsèquement plus isolant que l’aluminium.
Mais dans le match qui les oppose, le second tire son épingle du jeu grâce au
développement des menuiseries mixtes et aux apports des vitrages.
« Au
secours, Ollier m’a tuer ! Non à l’amendement qui va doubler la
consommation énergétique des maisons neuves ! ». Le communiqué qui a été publié
en octobre par l’association Isolons la terre contre le CO2, réunissant les
industriels de la construction comme Lafarge, Saint-Gobain, Isover ou Knauf,
ainsi que les représentants des régions françaises du collectif Effinergie
s’insurge contre un amendement qui modifierait l’objectif de performance des
constructions neuves. Ils dénoncent une mesure visant à modifier la définition
du seuil énergétique. Alors que Jean-Louis Borloo avait fixé à 50
kilowattheures par m² la consommation d’énergie à partir de 2012, l’amendement
"Ollier" devrait se traduire par une consommation au moins deux fois
plus élevée. Le texte précise que les énergies affichant un bilan avantageux en
termes d’émission de gaz à effet de serre (c'est-à-dire le chauffage
électrique) pourront bénéficier de ce nouveau seuil relevé. Ce qui remet en
cause l’efficacité de la mesure initiale. Pour l’heure, rien n’est encore fait.
Alors que la polémique sur les questions énergétiques enfle, et que le débat
est ouvert à l’assemblée nationale, il est intéressant de faire le point sur
les forces et les faiblesses des matériaux et notamment du PVC et de
l’aluminium.
Le Grenelle fixe la barre très haut
« Le Grenelle de
l’environnement a fixé la barre très haut pour le bien de tous, car cela va
permettre de dépenser moins d’énergie et de faire la chasse au "gaspi"
» déclare Philippe Macquart, le délégué général de l’Union des Fabricants de
Menuiseries Extérieures (UFME). En effet, pour être conformes à la RT 2012, les
industriels devront revoir leur copie et afficher des coefficients Uw de
l’ordre de 1,2. « Or, aujourd’hui personne ou presque ne peut se
targuer d’obtenir de telles performances » confie Philippe Macquart.
Par ailleurs, le crédit d’impôt en faveur des économies d’énergie et du
développement durable, qui concerne évidemment les menuiseries, devient plus
exigeant, et ce dès 2009. En effet, les fenêtres ou portes-fenêtres composées
en tout ou partie de polychlorure de vinyle (PVC) y ouvrant droit doivent
afficher un coefficient de transmission thermique (Uw) inférieur ou égal à 1,4
watt par mètre carré Kelvin (et non plus 1,6 W/m2.K) à partir du 1er
janvier 2009. Les menuiseries aluminium doivent afficher un coefficient de 1,8
pour ouvrir droit au même avantage fiscal. Ces contraintes soulèvent des
interrogations chez les entrepreneurs à la recherche des meilleures solutions à
proposer à leurs clients.
Sachez que selon "l’Etude RT 2005 du couple
Uw/Sw des fenêtres", réalisée par le bureau d’études thermiques
indépendant Tribu Energie pour l’UFME, l’influence du coefficient de
transmission thermique des fenêtres (Uws) est prédominante. En effet, la
diminution du Uw de 1 W/m2k permet d’économiser plus de 5 % sur la
consommation d’énergie primaire du bâtiment. La mise en œuvre des menuiseries
extérieures a une importance significative sur la consommation d’énergie
primaire du bâtiment dans son ensemble (Cep). Le coefficient mesurant les
apports solaires de la paroi vitrée d’une fenêtre (Sw) intervient en deuxième
ordre dans les économies d’énergie. Il est constaté que le passage d’une
fenêtre avec un Uw de 1,8, à une fenêtre très performante (équipée d’un double
vitrage ou d’un triple vitrage) permet un gain de consommation d’énergie de 3 à
12%.
Quant au facteur solaire Sw, il autorise des gains sur le Cep de 1,5 à 5 %
en moyenne. Le meilleur choix serait donc en fonction du couple Uw / Sw avec le
Uw le plus petit possible. Le Sw sera déterminé selon la situation géographique
et de l’exposition de l’habitat. Alors si l’aluminium – qui est conducteur -
présente de grosses lacunes par rapport au PVC, les fenêtres mixtes lui
permettent de tirer son épingle du jeu.