|
En construction comme en rénovation, le souci écologique pointe son
nez. L’isolation de l’habitat est son étanchéité à l’air apparaissent comme des
éléments incontournables d’une meilleure performance énergétique.
La Commission
européenne a envoyé au mois d’octobre dernier un avis motivé – dernière étape
avant la saisine de la Cour de justice ? - à la France et à la Lettonie car ces
deux états n’avaient pas notifié s’ils ont appliqué les mesures exigées par la
directive sur la performance énergétique des bâtiments. Le texte européen exige
en effet des états membres, qu’ils établissent des normes minimales et des
systèmes de certification de la performance énergétique pour les bâtiments et
qu’ils veillent à ce que les installations de chauffage et de climatisation
soient régulièrement inspectées en vue d’améliorer cette performance. Le secteur
du bâtiment représente 40% de la consommation d’énergie totale de l’Europe. C’est
pourquoi la directive sur la performance énergétique des bâtiments, si elle
était mise en œuvre intégralement et sans retard, pourrait largement contribuer
à la réduction de cette consommation. Le secteur du bâtiment a un potentiel
d’économies d’énergie de presque 30%. En mars 2007, les chefs d’états européens
ont approuvé un « paquet Energie » soulignant la nécessité
d’accroître l’efficacité énergétique dans l’Union pour réduire, d’ici à 2020,
sa consommation d’énergie de 20% comme il est proposé dans le plan d’action de
la Commission pour l’efficacité énergétique de 2006.
Un salon pour s’informer
La
question des caractéristiques énergétiques des bâtiments « verts »
s’est posée fin novembre à Paris dans le cadre de la 4ème édition du
salon « Bâtir écologique » à la Cité des sciences et de l’industrie.
Reflet de la percée de la construction écologique en France, le salon Bâtir
Ecologique est devenu depuis quatre ans le rendez-vous national de la
construction écologique et de l’habitat en France. Il réunit des professionnels (architectes, artisans, maîtres d’œuvre), des élus, responsables de
collectivités, des particuliers et des entreprises ayant un projet de
construction écologique. Il met à leur disposition les éléments indispensables à
toute démarche de construction écologique et éthique. Les organisateurs du salon
dénoncent notamment les démarches monocritères, contre-productives, à
contrario, ils prônent une démarche globale. Au menu, entre autres, le point sur
les performances énergétiques des constructions, les stratégies d’étanchéité à
l’air dans le bâtiment, l’isolation phonique. Les questions ont été abordées de
manière inhabituelle. Par exemple : comment construire une maison à basse
consommation énergétique sans en faire un thermos ? De son côté,
rappelons-le, le ministère de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement
vient d’imposer cinq niveaux du label « HPE 2005 » pour attester de
la performance énergétique des constructions neuves. Mais qu’en est-il des
chantiers de rénovation ?
Des avancées bien réelles
Le décret du 21 mars
2007 sur la performance énergétique des bâtiments existants est entré en
application le 1er novembre dernier. Désormais, des exigences en
matière de performances minimales sont réclamées aux composants de l’enveloppe
(fenêtres, isolation thermique) en rénovation comme en construction. La valeur
du coefficient de transmission thermique Uw des fenêtres, portes-fenêtres et
façades-rideaux doit être inférieure ou égale à 2.3 W/(m².K) ou 2.4 W/(m².K) –
jusqu’au 30 juin 2008 pour les menuiseries métalliques. Pour les menuiseries
coulissantes, cette valeur Uw doit être inférieure ou égale à 2.6. W/(m².K). Le
décret prend en compte la performance des vitrages et impose une valeur
minimale à respecter pour toutes les fenêtres : le coefficient de
transmission thermique Ug des vitrages doit être inférieur à 2 W/(m².k). La
certification Cekal complète l’identification des doubles vitrages à thermique
renforcée en créant 10 classes, de TR 1à TR 10. La classe « Thermique
Renforcée » TR 1 se situe au premier niveau réglementaire soit 1.9
W/(m².K).La classe TR 10 permet d’atteindre la valeur de 1W(m².k). La
certification Cekal atteste des moyens mis en œuvre par un centre de production
pour garantir la fiabilité des produits et leurs performances conformes aux
textes réglementaires. Il est bien sûr possible et souhaitable d’aller au-delà de
ces exigences réglementaires. D’ailleurs, l’administration fiscale y incite au
moyen d’un crédit d’impôt applicable au remplacement des doubles vitrages. Pour
être éligible à ce dispositif, la valeur du coefficient Ug doit être égale ou
inférieure à 1.5 W/(m².K) soit les classes de performances TR 5 et au-delà. Dossier
à suivre…
V.M.
Crédit photo : Association Prioriterre
|