Les
produits verriers se doivent aujourd'hui d'être performants en matière
thermique, en acoustique mais aussi en matière de sécurité et Cekal, l'organisme
certificateur des vitrages en France, compte bien accompagner les professionnels
dans cette voie.
L'organisme avait invité ses clients et partenaires à venir
assister à une conférence dans le cadre d'Equip'Baie, cette année consacrée à
la sécurité. Pour en débattre, la présidente de Cekal, Martine Ollivier, avait
réuni autour d'elle Frédéric Valem, ingénieur à la direction des techniques et
méthodes de la Socotec, Gérard Delsahut, ingénieur principal à la division des
baies et vitrages du CSTB, Nathalie Coquard, ingénieur au département
certification du CNNP et Jean-Clément Nugue, président de la commission vitrage
feuilleté de Cekal. De plus, l'organisme annonce une nouvelle qualification,
dédiée au triple vitrage.
La certification des vitrages de sécurité
Le verre
feuilleté est utilisé pour limiter les risques de chute de personnes en cas de
heurts, et le risque de chute de morceaux de verre. Il peut le cas échéant,
selon sa composition, servir de retardateur d'effraction ou de protection
contre les tirs d'arme à feu. La durabilité est évaluée par des essais de sa
tenue à haute température, des tests d'humidité et des essais de rayonnement. L'évaluation
de ses performances repose sur une classification européenne, et deux types
d'essais (EN 12600 doubles pneus et EN 356 chute de bille). La certification de
Cekal va plus loin en matière d'exigences quant à la durabilité.Les vitrages
trempés ne rencontrent à priori aucun problème de durabilité, mais des anomalies
peuvent néanmoins apparaître. L'important pour le vitrage trempé est le niveau
de trempe qui doit être suffisant pour assurer notamment une résistance
satisfaisante. « CEKAL met en place
les dispositions pour s'assurer de la constance de performance des produits
fabriqués et par ailleurs a des exigences plus serrées en ce qui concerne les
caractéristiques géométriques et déformation des produits fabriqués »
explique Gérard Delsahut.
À partir de 2009, les fabricants de vitrages isolants
certifiés pourront, dans le marquage des produits certifiés, indiquer le niveau
de performance aux impacts des produits certifiés. Pour les vitrages feuilletés,
la certification Cekal se résume par le « renforcement
des exigences en matière de leur tenue au vieillissement, la justification des
déclarations de performances sur la base d'une évaluation et d'un suivi des
caractéristiques des éléments constitutifs et la mise en place de contrôles
internes stricts exécutés périodiquement » indique Jean-Clément Nugue. Pour
les vitrages trempés, elle passe par des contrôles internes basés sur la mesure
des contraintes de surface.
Une qualification pour les triples vitrages
Enfin, en
marge de la conférence, Cekal a annoncé dès l'été dernier l'arrivée d'une
nouvelle qualification dédiée aux triples vitrages. Malgré les controverses que
l'on entend ici ou là, le triple vitrage apporte une réponse aux exigences de
la RT 2010 (réduction de la consommation d'énergie de 15 %) car il est plus
isolant. Son utilisation augmente la performance du coefficient Ug de plus de 40
%. Composé de trois verres, dont deux avec des couches faiblement émissives,
séparées par deux lames de gaz, le triple vitrage obtient un coefficient Ug de
l'ordre de 0,8 W/m2.K lorsqu'un double vitrage se limite à 1,1 W/m2.K. La
qualification "complémentaire" Cekal, désignée "triples vitrages
à gaz", est attribuée aux sites de production dont les compétences ou
aptitudes sont validées à l'issue d'une visite d'inspection au cours de la
laquelle la fabrication et les contrôles sont examinés. Une attention spécifique
est portée sur les vérifications de compositions et les contrôles de
remplissage gaz. Une quinzaine de sites sont d'ores et déjà titulaires de cette
qualification complémentaire et donc aptes à proposer des triples vitrages
certifiés Cekal. Un atout car, comme le martèle Martine Ollivier, « l'arrivée
du triple vitrage risque de révolutionner le travail des concepteurs de
bâtiment et des menuisiers, qui devront réfléchir au choix du vitrage en
fonction de l'exposition de la fenêtre ». Et donc mettre en œuvre des
produits différents selon les façades concernées.