Pour que les
résidents puissent se mettre, comme au théâtre, à la loge de leur balcon, mieux
vaut sécuriser ces derniers en installant des garde-corps solides et
infranchissables. Tour d’horizon d’un marché qui concerne autant le neuf que la
rénovation.
« Avant d’être esthétique, le garde-corps, en tant qu’élément
de sécurité, doit répondre aux normes en vigueur, nous nous engageons auprès de
nos clients en ce sens ». La remarque de Bruno Lemoine, directeur de Bugal,
a le mérite de poser la question de la définition du garde-corps. Il s’agit ,
selon le dictionnaire Robert, d’un « parapet établi pour empêcher les
personnes d’un pont ou d’un lieu élevé ». Dans le guide pratique consacré
aux « Garde-corps de bâtiment » édité par le CSTB, l’auteur Michel
Bazin confirme et affine : « un garde-corps est un ouvrage (ou une
partie d’ouvrage) destiné à prévenir la chute de personnes qui séjournent ou
circulent sur un élément plus élevé que son environnement immédiat, dès lors
que la chute potentielle dépasse une valeur estimée dangereuse ». Aujourd’hui
le marché de la construction résidentielle comme celui de la rénovation sont
friands de la pose de tels ouvrages qui « habillent » les terrasses
et balcons des immeubles. Chaque modèle est conçu sur-mesure pour le bâtiment
qu’il doit sécuriser. Deux types de fabricants se disputent les parts du
marché ; les industriels qui fabriquent les profilés prêt-à-monter, et les
fabricants qui livrent le produit fini. Les garde-corps en aluminium sont
fabriqués à partir de profilés plus ou moins épais et présentent des éléments
de remplissage à choisir (barreaux, panneaux pleins, ajourés, câbles, ETC). Ils
sont en général conçus pour répondre à la fois aux besoins du marché de la
construction et à ceux du marché de la rénovation. C’est le cas par exemple des
profilés en aluminium « Espace » signés Alutechnie. A priori, leur
durée de vie s’élève à plusieurs décennies, mais lors d’une rénovation ou d’un
ravalement de façade, les maîtres d’œuvre sont tentés de les changer, notamment
afin de bénéficier des avantages de l’aluminium : une résistance accrue,
pas d’entretien, une palette de coloris conséquente.
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Glossaire
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♦ Barreaudage : barreaux verticaux ou horizontaux servant
de remplissage au garde-corps afin d’éviter la chute des personnes circulant à
son abord.
♦ Elément de remplissage : partie du garde-corps
permettant d’empêcher une chute au travers de l’ouvrage (barreaux, panneaux,
style mixe ou paquebot, câbles tendus).
♦ Lisse : barre horizontale servant de support à la main
courante ou de remplissage de l’ouvrage
♦ Main courante : élément horizontal permettant de poser
la main pour prendre appui et marcher le long du garde-corps.
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Des formes et des couleurs
« Notre
stratégie consiste à produire des garde-corps « costauds », nous
avons fait le choix de cintrer les profilés, il faut donc qu’ils soient
suffisamment épais pour être arrondis » déclare Caroline Rio, gérante de
la société Aluminium Durand, fabricant de produits haut de gamme. Cette
entreprise a privilégié la sécurité, tous les composants de ses produits sont
plus épais que les standards du marché. « Tous nos modèles sont équipés de
sabots épais et lourds, car plus le pied de l’ouvrage est solide, plus le
garde-corps l’est » affirme-t-elle encore. Car le critère de choix numéro 1
d’un produit est bien sa solidité. Viennent ensuite son design et sa couleur. Les
fabricants proposent de nombreuses variantes afin de répondre aux souhaits des
utilisateurs. Et la principale différence entre les gammes proposées par les
fabricants provient du design. « Au niveau technique, les garde-corps
présentent des performances identiques, en revanche l’esthétique et les
finitions diffèrent » ajoute Robby de Wasch, chef du service création de
Sapa Building System. La firme belge commercialise deux types de
garde-corps ; la gamme économique et un produit haut de gamme appelé
Tango. La seconde propose des pièces de raccord mieux dessinées, des poteaux et
sabots plus design. Par exemple, le traitement de laquage est identique pour les
profilés et les accessoires. Les vis sont invisibles, dissimulées derrière des
bouchons et des coiffes. Les clients peuvent choisir « leurs » coloris
au sein de la palette RAL, disponible en mat ou brillant. Dans un esprit
similaire, Horizal lance une gamme de garde-corps qui place les lisses et le
remplissage dans l’axe médian des poteaux. Ces ouvrages « axés » se
déclinent en trois modèles Alizée, Feria et Kariane. Ils développent chacun leur
propre esthétique : Alizée avec des lignes fluides et élégantes, féria
avec une imitation clairement revendiquée des garde-corps en acier, et Kariane
avec ses profils galbés. Chez Burgal, trois gammes principales sont
commercialisées (Elégance, Basalte et Création), la troisième étant issue des
deux premières afin de répondre à toutes les prescriptions des architectes. « Nous
pouvons conjuguer les profilés créés depuis trente ans, mais aussi en créer de
nouveaux pour de gros chantiers » raconte Bruno Lemoine. Le panel est
infini. Chacun choisit le remplissage qu’il préfère : barreaudage,
remplissage verrier, mixte (lisse et verrier ou lisse et tôle perforée). Le
remplissage de la balustrade Tango peut se faire, par exemple, avec un vitrage
en verre feuilleté, en tôle perforée, en panneau perforé ou en plexiglas ou
encore en insérant une croix de Saint-André. Du coup, en mixant toutes les
possibilités offertes par ces éléments standards, la personnalisation du garde-corps
est réellement possible. Plusieurs modèles de mains courantes peuvent également
être proposés. Ainsi, Profil Systèmes commercialise avec sa gamme de profilés
Macassar trois types de mains courantes au design galbé, rond ou plat. Les
formes s’adaptent aux contraintes des bâtiments. De son côté, Wicona, avec sa
gamme Wiclife®,
commercialise des garde-corps droits, rampants, retours d’angle sur dalle ou
nez de dalle. Quelle différence ? Ils s’adaptent aux différentes formes de
balcons et équipent les angles droits comme les rampants et retours d’angle à
90°.
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Zoom sur la sécurité et les
responsabilités
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Deux normes sont venues compléter pour les bâtiments
d’habitation, l’article R 111.15 du Code de la Construction et de l’Habitation
(décret n° 69-596 du 14 juin 1969) qui rendait obligatoire, dans certaines
conditions, la pose d’une barre d’appui et d’un élément de protection s’élevant
au moins jusqu’à un mètre du plancher. Les normes en vigueur ne sont pas
récentes, puisqu’elles datent de 1988 (norme RF P01-012 « Dimensions des
garde-corps » et norme NF P01-013 « Essais des garde-corps »).
Elles ne concernent que les garde-corps « définitifs » équipant les
bâtiments d’habitation, de bureaux, commerciaux, scolaires, industriels,
agricoles ou recevant du public. Elles fixent les spécifications relatives à la
hauteur, aux dimensions maximales pour les vides se trouvant entre deux
éléments (horizontaux ou verticaux) ainsi qu’à la résistance des garde-corps.
Par exemple, la norme NF P01-012 distingue les garde-corps minces, d’une
épaisseur inférieure ou égale à 20 cm des garde-corps épais, de plus de 20 cm,
alors que de son côté, le Code de la construction et de l’habitation ne
considère un garde-corps épais qu’à partir de 50 cm. Côté hauteur, la norme
française est assez stricte puisq’elle stipule notamment que la hauteur de
protection normale est de 1 mètre. La fonction principale du remplissage étant
de s’opposer au passage d’une personne, la norme propose également des règles
destinées à empêcher qu’une personne ne passe à travers ou en dessous ni
n’escalade l’ouvrage. Ainsi l’espace compris entre la zone de circulation et le
remplissage ne doit pas excéder 11 cm. La distance entre les éléments de
l’ouvrage et l’aplomb du vide est inférieure ou égale à 5 cm.
De son côté, la norme sur les essais prévoit plusieurs
tests : trois essais de résistance statique, un essai de résistance
dynamique, un essai de poinçonnement (si le garde-corps est à remplissage).
Actuellement l’application de ces normes n’est obligatoire que dans le cadre
des marchés publics. Le CSTB recommande de procéder à un relevé détaillé sur
chantier avant la fabrication de l’ouvrage en cas de travaux de construction.
Concernant les travau lourds de rénovation, le CSTB renvoie les professionnels
vers la circulaire ministérielle du 3 décembre 1982 qui recommande la prise en
compte de la réglementation en vigueur pour les logements neufs et la norme NF
P01-012. Enfin pour les travaux d’entretien, s’il n’existe aucune disposition
particulière, le CSTB évoqu l’article 2
du décret 2002-120 du 30 janvier 2002 qui précise que : « les
dispositifs de retenues des personnes dans le logement et ses accès, tels que
garde-corps de fenêtre, escaliers, loggias et balcons sont dans un état
conforme à leur destination ».
(Pour en savoir plus : www.afnor.org)
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