Pour qu'une menuiserie soit performante, sa mise en
œuvre compte autant que la qualité de sa fabrication. C'est pourquoi les
industriels se mobilisent aux côtés des installateurs en proposant des systèmes
adaptés au marché de la rénovation, en diffusant de l'information et en créant
des écoles de formation.
En rénovation, par définition, l'installateur d'une
menuiserie doit s'adapter à l'existant et à ses contraintes, d'où la multitude
de cas de figures et de problématiques à résoudre. Il existe trois grands types
de rénovation : la pose d'une fenêtre dans un encadrement existant (si
l'état de celui-ci le permet), la dépose totale (ou réhabilitation) avec
installation d'une nouvelle menuiserie complète, et enfin une variante qui
consiste à conserver l'ancien dormant mais à supprimer et remplacer les pièces
d'appui, souvent abîmées. La mise en oeuvre de fenêtres nécessite donc un examen
préalable du support, une analyse de la ventilation possible entre le nouvel
habillage et le dormant, la vérification de l'étanchéité de l'ancienne menuiserie
et enfin celle des joints. La rénovation des portes pose de son côté le problème
de la barre de seuil.
Des gammes conçues pour des cadres existants
Les
industriels intègrent la problématique de la rénovation dans la conception même
de leurs menuiseries ou tout au moins de certaines gammes en privilégiant
notamment la pose frontale. C'est le cas, par exemple de Kawneer et de sa marque
de fenêtres en aluminium Initial. Le fabricant "commercialise" des
solutions de technique de pose, qui sont intrinsèquement liées au produit. Au
lieu d'avoir recours à la méthode traditionnelle de pose en tunnel,
l'industriel préconise - dans le cas où le dormant est en bon état - une pose
frontale. Mieux, il intègre des ailettes au profilé pour lui permettre de
prendre appui sur l'ancienne menuiserie. « La pose est facilitée et les
gains de temps sont considérables, de l'ordre de 50 % » indique
Bertrand Lafaye, responsable communication Kawneer. En revanche, un dormant
abîmé n'autorise pas le recours à ce genre de méthode.
De son côté, K.Line,
autre fabricant de menuiserie aluminium, a mis au point neuf techniques de
pose, adaptées à neuf dormants différents. « La gamme dédiée à la
rénovation est large car notre objectif est de proposer la solution qui
s'adapte le mieux à la situation rencontrée » explique Jean-Pierre
Liébot, responsable marketing et communication de K.Line. C'est un peu la botte
secrète des industriels, plus leur gamme est large, plus elle leur permet de
proposer un produit adapté techniquement à une contrainte. Les fabricants de
portes d'entrée ont la même démarche. Ils conçoivent des produits en pensant à
leur mise en œuvre. Ainsi, témoigne Pascal Métayer, directeur marketing de
Samic, « nous veillons à concevoir des produits suffisamment rigides
afin d'éviter les problèmes d'aplomb au niveau du cadre dormant ». Pour
le reste, le fabricant prévoit des pattes de fixation adaptées, qui se clippent
facilement et enfin prend en compte les réglages et propose des quincailleries
permettant un réglage tridimensionnel.
Pour autant, la qualité du produit ne
garantit pas l'efficacité du système. Une menuiserie mal installée pose des
problèmes d'étanchéité, car elle laisse passer l'air et l'eau... Or, en cas de
dysfonctionnements, industriels et installateurs se renvoient la balle, souvent
au détriment des poseurs, lorsque, lors d'une vérification sur site, le
fabricant s'aperçoit d'une malfaçon à l'origine du désordre.
Certification Pose
Portes & Fenêtres
BUREAU VERITAS
Certification
Certification Qualité Mise en oeuvre des menuiseries extérieures
Certification
"pose" portes & fenêtres : un pas vers l'excellence
Les
fabricants, réunis sous la houlette de l'UFME(Union des fabricants de menuiseries extérieures), travaillent depuis le
début de l'année à la mise au point d'une certification "pose"
contrôlée par un organisme tiers, le Bureau Veritas. Officielle depuis le 27
mars dernier, la certification est ouverte à tous les installateurs, désireux
d'afficher leur savoir-faire. Pour Philippe Macquart, le délégué général de
l'UFME, cette démarche vise « à amener le niveau des poseurs à une
qualité irréprochable, et ce quel que soit le matériau mis en oeuvre ». La
certification qui ne concerne que les fenêtres et les portes d'entrée
(considérées par les professionnels comme un élément essentiel de l'habitat et
qui peut être source de désordres), il n'est pas exclu qu'elle étende son champ
d'application vers les volets et les portes de garage dans les années à venir. Le
dispositif s'appuie sur des audits inopinés qui permettent au bureau de
contrôle de se rendre sur les chantiers vérifier que les menuiseries sont posées
dans les règles de l'art. Les points de contrôle visent les principales causes
de désordres, l'étanchéité et la fixation. En ligne de mire, les problèmes
rencontrés dans le secteur de la rénovation. Aujourd'hui, plus de 600
entreprises ont d'ores et déjà déposé leur candidature à la certification. Toutes
ne seront pas auditées au cours de la première année faute de temps et de
contrôleurs. Il n'empêche le processus est lancé. Les entreprises qui recevront
la certification se verront attribuer un certificat et un logo à appliquer sur
leurs documents de communication et courriers de gestion. Elles seront par la
suite auditées chaque année. « C'est une bonne nouvelle à la fois pour
les professionnels et pour les particuliers qui pourront désormais s'adresser à
un poseur certifié » conclut Philippe Macquart.