9 questions autour de la baie en rénovation énergétique

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Noeva, coefficient thermique Uw inférieur à 1.2 W/m².K et son profil galbé, conçu par Minco ©Minco
Noeva, coefficient thermique Uw inférieur à 1.2 W/m².K et son profil galbé, conçu par Minco ©Minco

À la peine actuellement, la rénovation offre encore d’énormes potentiels en termes de parts de marché. Les industriels affûtent leurs armes en renouvelant leur gamme, en simplifiant les systèmes et en accompagnant leurs clients sur le terrain.

1. Le marché de la rénovation s’essouffle-t-il ?

Les industriels constatent à l’unisson un ralentissement de l’activité. « Malgré les conditions exceptionnelles offertes par le CITE, la croissance à deux chiffres de la marque Swao est tirée par le neuf », affirme ainsi Eric Chalançon, directeur commercial du groupe Cetih.

Néanmoins, le marché reste porteur. D’une part, parce que « si les constructions des années 70 et 80 n’intègrent pas beaucoup de baies, leurs profils sont conducteurs, elles ne sont pas isolantes, ce qui conduit les particuliers à les changer aujourd’hui pour des produits plus performants », constate Patrick Rutar, directeur commercial des Menuiseries Françaises.

D’autre part, parce que les stratégies des industriels portent leurs fruits. « Nous avons la chance d’avoir orienté nos clients vers des produits à valeur ajoutée (avec le capotage aluminium et l’offre couleur) », témoigne Jean-Michel Larrazet, directeur commercial de Kömmerling (groupe profine).

« La rénovation est le marché principal du PVC, nous investissons, nos produits offrent une barrière thermique étanche, un confort acoustique et une palette de couleurs et de tons bois importants », commente Sylvain Gaudard, responsable communication de Profialis.

Chez GMI, Florent Ardouin, directeur communication et marketing relationnel, rappelle que « le groupe a fait le choix de se positionner avec la marque SYbaie orientée rénovation » et s’en félicite.

2. Quel type de baie pour la rénovation ?

« En préambule, il faut souligner que la notion de baie de rénovation fait apparaître très souvent – et pour la première fois chez les particuliers – une nouvelle typologie de menuiserie : le coulissant ; qui se substitue aux traditionnelles portes-fenêtres dont les vantaux encombrent l’espace intérieur », déclare Frédéric Lenoir, directeur marketing et réseau de Chouette (groupe Delplast).

Par ailleurs, la nouvelle génération de la baie favorise le clair de vitrage, la transmission lumineuse et le confort. Le groupe Delplast a renouvelé son offre en 2016 sur les deux segments principaux PVC et aluminium, avec deux coulissants à hautes performances. Pour Grégoire Cauvin, président d’Oknoplast France, « le projet de rénovation donne l’occasion de repenser les flux dans la maison ainsi que son design ; il va donc plus loin que le simple remplacement des baies, d’où la création d’ouvertures plus grandes ».

Or, « les rénovations lourdes de l’enveloppe de la maison autorisent l’installation de produits à priori dédiés au neuf », remarque Emmanuel Le Coz, directeur général de Minco. La gamme du fabricant convient dans les deux cas de figure. Pour Emmanuel Le Coz, « l’important est de pouvoir répondre à toutes les demandes, la seule limite restant le poids du vitrage ».

3. Quelle est l’étendue de l’offre ?

Le marché de la rénovation dispose d’un large panel de produits, les industriels cherchant à répondre à tous les besoins. « Nous améliorons l’étanchéité des gammes existantes, des produits seront présentés à Batimat », glisse Sandrine Garcia, responsable marketing et communication de Reynaers.

« La rénovation énergétique liée à la performance thermique est un sujet porté par les grands projets, nous observons ainsi un basculement de la demande vers la version 65 mm de la gamme Soleal, même si en volume, la version 55 mm se maintient », constate Marion Villard, responsable marketing Technal.  Néanmoins,

« Technal travaille à l’optimisation des performances sans augmenter les modules de manière importante, afin de contenir l’évolution des prix », ajoute-t-elle. Technal devrait proposer des solutions alternatives, à mi-chemin entre le coulissant et la frappe dès le prochain salon Batimat.

Profils Systèmes est déjà présent avec Cuzco version 70 mm qui apporte une meilleure isolation thermique, tout en cherchant à optimiser le rapport transmission lumineuse-facteur solaire.

De son côté, « la gamme 70 mm de Sepalumic a été conçue par le bureau d’études pour répondre à toutes les typologies d’ouvertures et à tous les types de pose », déclare Martin Renaud, chargé de marketing Sepalumic.

Kawneer se positionne également avec une gamme complète, Kasting, disponible en largeur de dormant de 52 mm, 62 mm et 72 mm pour des coulissants aux dimensions traditionnelles. « La baie coulissante 52 mm a toujours sa place sur le marché de la rénovation », note Bertrand Lafaye, responsable marketing et communication Kawneer.

Sapa Building System pousse la commercialisation de son système coulissant Performance 70 CL et lancera deux nouveaux produits en cours d’année, notamment un coulissant minimaliste dédié au neuf et à la grosse réhabilitation avec Artline XXL.

Enfin, indique Christophe Rerau, directeur commercial d’Ouvêo menuiseries, « Schüco développe un nouveau produit plus épais, que nous testons actuellement et que nous commercialiserons à la rentrée ». Bref, l’offre est vaste.

« La profondeur des gammes est large – nous développons la vente de nos solutions mixtes aluminium/PVC – , les performances thermiques sont au rendez-vous, mais la question de leur optimisation via les autres produits se pose toujours, les volumes du vitrage de contrôle solaire sont faibles, le BSO a du mal à s’imposer, etc. », observe Laurent Ternon, responsable marketing et communication chez Bouvet.

4. Quelles innovations du côté des matériaux ?

Deceuninck prend une longueur d’avance avec deux produits en fibre de verre. « Le coulissant neo® n’embarque plus de renfort métallique, ce qui lui permet d’afficher une performance thermique excellente », commente Bruno Bednarczyk, directeur technique et développement.

Le produit commence à être mis en oeuvre. « Les profils composites ont nécessité des adaptations dans les ateliers de nos clients, au niveau de la coupe et de l’usinage, car la matière est plus dure que le PVC », ajoute Bruno Bednarczyk.

Minco innove en développant une gamme passive avec l’ouvrant caché Lumia qui vient d’être labellisé passiv’haus, PH A, doté d’un bouclier thermique en fibre de bois.

5. Les coulissants à levage ou repliables sont-ils adaptés à la rénovation ?

« Le levant coulissant est un des meilleurs systèmes technique et thermique, mais il est trop lourd pour une mise en oeuvre en rénovation, en revanche il convient aux réhabilitations », explique Pascal Coutié, directeur commercial France Belgique d’aluplast. D’ailleurs, ajoute-t-il, « nous travaillons à la création d’un nouveau système plus léger qui devrait être disponible en 2018 ».

Chez Kawneer, le coulissant à levage Kasting Mega Trend répond aux besoins de plus grandes dimensions, Kasting Side K aux projets d’exception (6 m de haut x 3 m de large). Finstral est présent avec la façade Vista, levant coulissant XXL.

Chez Sapa Building System, Frédéric Segatti, responsable développement produits, annonce la sortie au printemps d’un nouveau coulissant à levage aux performances thermiques et acoustiques accrues.

« Auparavant, nous proposions deux coulissants à levage, aujourd’hui nous rationnalisons l’offre avec Confort Smartline, un produit bénéficiant d’un meilleur positionnement au niveau prix », commente-t-il.

profine annonce un nouveau coulissant à mi-chemin entre le coulissant classique et le coulissant à translation pour la fin de l’année. Minco propose un levant coulissant d’angle en bois aluminium. Kanada, le coulissant repliable de Kawneer permet d’égaler les performances des frappes en termes d’étanchéité.

6. Le galandage peut-il répondre aux enjeux de rénovation énergétique ?

« Oui », affirme Olivier Simonin, chef de produit de K•line, « d’ailleurs le coulissant KL-BC dont le dormant est adapté à la rénovation, peut être posé en version à galandage ; même s’il est à la base plutôt proposé dans le neuf, il peut très bien être utilisé de manière détourné en rénovation ».

GMI a développé le coulissant mural à déboîtement M3Ds qui évite de casser le mur pour installer un galandage. Swao sort un coulissant à galandage avec isolant intégré qui s’adapte aux deux marchés, neuf et rénovation.

« Ce galandage isolé facilite la mise en oeuvre car le poseur n’a pas besoin de bricoler un panneau isolant, le produit est prêt-à-poser et lui fait gagner du temps, il est aussi plus étanche », commente Eric Chalançon. Pour Patrick Rutar, « la demande existe et il est facile d’y répondre en faisant passer le galandage derrière l’isolant ».

7. Quelles couleurs inscrire dans les offres ?

En rénovation, l’aspect esthétique prime. « La gamme FinProject, en aluminium, offre de larges perspectives de choix esthétiques notamment grâce à la bicoloration, et la gamme Cristal qui existe aussi en coulissant répond à la tendance d’épure », explique Emmanuel Spitze, responsable prescription de Finstral.

La couleur s’impose depuis plusieurs années. profine a élargit son offre avec 30 teintes disponibles. Mais comme le note Jean-Michel Larrazet, « six couleurs couvrent 92 % des volumes ». Les gris en finition grainé ou structuré, l’anthracite mat, les métallisés ont le vent en poupe.

L’industriel a ouvert une deuxième ligne de filmage à Marmoutier pour répondre à la demande. « Mais pour nos clients, la diversité de l’offre couleur pose la question de la gestion des stocks et des chutes, il faut donc les aider à trouver le bon équilibre », ajoute-t-il.

Minco développe une offre couleur avec une palette de plus de 30 teintes et de nouveaux aspects donnés au bois (scintillant, effet matière, etc.). aluplast a demandé à faire valider ses profils des systèmes Ideal 4000 et Ideal 5000 au niveau du laquage avec de nouveaux DTA.

En complément d’une vaste offre couleur, Aymeric Reinert, directeur général adjoint Profils Systemes, évoque par ailleurs une « nouvelle offre d’accessoires rendant la quincaillerie invisible ».

8. Faut-il militer pour la dépose totale ?

La dépose totale est préconisée par de nombreux industriels, profine, GMI, etc. « Les menuisiers SYbaie doivent se former à la dépose totale », précise Florent Ardouin.

Sur le terrain, indique Christophe Rerau, « nous observons une montée en compétences, nos clients maîtrisent leurs sujets, car la tendance à la dépose totale le nécessite ».

Plus exigeante, la dépose totale est aussi plus efficace en matière de rénovation énergétique.

9. Comment optimiser la mise en oeuvre ?

« Plus le système est simple, plus l’artisan est satisfait, mais nous prenons soin de les accompagner via nos commerciaux, tous techniciens (26 sur le terrain et 28 sédentaires) », explique Hervé Pelé, directeur marketing et commercial de Leul, avant d’ajouter : « les professionnels recherchent des concepts de mise en oeuvre en multi matériaux, or chaque gammiste propose son système de pose ».

Leul a donc développé, en collaboration avec chacun de ses fournisseurs aluminium et PVC, un dormant utilisant un système de pose proche. « C’est un argument fort différenciant », précise Hervé Pelé. Le coulissant L’Horizon de Leul remporte un franc succès « grâce à ses performances, à son assemblage mécanique et à sa batterie de couleurs ».

Pour Jean Panaget, coordinateur marketing et opérationnel chez Pasquet Menuiseries, « en rénovation, un chantier se traite en amont et à plusieurs, le menuisier doit écouter les besoins du particulier et préparer la réponse avec le distributeur, de notre côté nous mettons à leur disposition toute la documentation dont ils ont besoin, nos commerciaux sont formés pour les accompagner, car c’est la pose qui compte pour garantir les performances ».

Et des marges de progrès existent encore… L’optimisation de la mise en oeuvre passe par le strict respect des normes et du DTU.

Le CITE, une incitation qui ne tiendrait pas toutes ses promesses

Alors que l’aide fiscale est toujours en vigueur, elle ne semble pas impulser autant de volumes que ce qu’espéraient les industriels.

Les organisations professionnelles représentatives des fabricants et installateurs de fenêtres, volets et protections solaires, (FFB Métallerie, FFPV, UMB FFB, SNFA, SNFPSA, UFME), ont salué son efficacité en 2015 et 2016.

Le Crédit d’Impôt pour la Transition Énergétique (CITE) représente un argument commercial de poids. Conjugué à la TVA à taux réduit 5,5 %, le dispositif a fait ses preuves fin 2015, mais a déçu en fin d’année dernière.

 

Selon la dernière étude de marché TBC sur les ventes de fenêtres

2016, la tendance est à la reprise La société de conseil et d’études toulousaine TBC, qui vient d’actualiser sa nouvelle étude de marché sur les fenêtres en France pour l’année 2016, observe une reprise du marché des fenêtres vendues et installées en France, avec une croissance affichée autour de + 3 %.

Une reprise qui se fait sentir donc, après 7 années consécutives de baisse, pour une croissance en volume de + 3,1 % par rapport à 2015 et estimée à + 3,8 % en valeur.

Les professionnels du secteur confirment une année 2016 positive, même si elle a pu être contrastée pour certains avec un bon démarrage les 6 premiers mois, suivi d’un second semestre plus tendu.

 

La construction neuve reprend, dominée par la rénovation

L’horizon s’éclaircit avec des signaux positifs et des ventes en promotion immobilière relancées. La rénovation de fenêtre en résidentiel progresse ainsi en 2016, et demeure le premier débouché occupant près de 2/3 du marché.

Côté matériaux, si le PVC demeure le premier matériau vendu en France, en considérant la répartition du marché en valeur, l’aluminium joue presque à part égale avec le PVC en 2016. Et la couleur progresse pour 31 % des fenêtres aluminium et PVC vendues en 2016.

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