Le 6ème colloque Les Défis Bâtiment Santé met le nez à l’honneur

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Alors que les Trophées Bâtiment Santé Innovations ont atteint un record cette année avec 41 candidatures déposées, le colloque qui se déroulera le 15 juin prochain à la Cité des Sciences et de l’industrie de Paris fera un focus sur un sujet encore méconnu : le rôle du sens olfactif dans la qualité de l’air.

Longtemps non exploité, le nez devient aujourd’hui un capteur contribuant à l’amélioration de la qualité de l’air. Les informations sensorielles que perçoit le sens olfactif sont en effet à la pointe de la détection des éventuels polluants pouvant provoquer des gènes, des irritations ou des allergies. En cela le nez est une sentinelle complémentaire des mesures et relevés techniques qui peuvent être faits, notamment dans le bâtiment.

Au coeur de l’habitat, le nez peut capter trois grandes familles d’odeurs pouvant nuire à une bonne qualité de l’air intérieur : les odeurs émanant des matériaux (plastiques, liants inclus dans les isolants comme la laine de verre), celles liées à un manque d’assainissement et enfin celles générées par le développement de micro-organismes. Les odeurs peuvent aussi provenir de l’extérieur et pénétrer dans les bâtiments Pour autant, afin de les repérer, faut-il que le sens olfactif soit éduqué.

C’est ce que fait notamment depuis mai 2015, Air Pays de la Loire qui mène avec l’appui de la société Osmanthe un programme innovant de détection des odeurs dans un environnement industriel odorant dans la région des Pays de la Loire du fait de la présence d’une raffinerie, d’usines de production d’engrais, de trituration de tourteau de colza, d’une station d’épuration, etc..

Les relevés se font grâce à des nez humains, plus performants que des machines. Quinze bénévoles volontaires et habitant dans cet environnement sont préalablement formés à la méthode du « langage des nez » qui est reconnue pour :

  • analyser objectivement une situation odorante,
  • établir des liens entre les odeurs et les sources responsables de ces gênes,
  • agir au niveau des sites contributeurs.

Collectivités, industriels, et riverains ont participé activement au projet la première année : 5300 données olfactives ont été recueillies par les bénévoles et traitées par Air Pays de la Loire. Les premiers résultats ont permis aux industriels d’agir spontanément à la source des nuisances pour diminuer le nombre de plaintes, notamment en analysant les odeurs dites « gênantes », correspondant à 6% des perceptions.

Complémentaire aux méthodes traditionnelles, la mise en place de ce programme a permis d’identifier des leviers pour agir et prévenir les odeurs en air intérieur. Sans prérequis physiologiques, experts de la qualité de l’air et occupants des bâtiments peuvent devenir acteurs et ainsi agir sur les sources des gênes qu’ils observent au quotidien.

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